HISTOIRE INSOLITE

DES

RUES DE MARSEILLE

Certaines rues de Marseille portent des noms insolites

L'Histoire de l'origine de ces noms ne l'est pas moins

La ville de Marseille et ses habitants ont besoin de mots-clés pour se situer, avec plus de 5000 rues.

"Les cents mètres de cette rue

Sont plus lourds sur le corps du monde

Que dix villes de cent mille âmes

Que n'agite aucun désir ..."

Rue Maritime, Et l'au delà de Suez, Louis Brauquier

La rue des Abeilles (1er arrt. dénommée ainsi le 8 avril 1808, 339 m de long)

Elle fut ainsi dénommée en l'honneur à Napoléon 1er qui prit comme emblème l'aigle et l'abeille.

La rue des Abandonnés (16ème arrt. dénommée ainsi en 1968)

Cette rue était tellement délaissée par les pouvoirs publics que les habitants du quartier lui donnèrent ce nom.

Les Baumettes (9ème arrt.)

Diminutif de baume, petites grottes qui étaient encore visibles avant la guerre de 1914. La prison conçue à partir de 1933 ne fut construite qu'en 1937.

Traverse des Beaux-yeux (7ème arrt.)

Située dans le vallon des Auffes, beaux-yeux est le nom d'un poisson ainsi nommé pour la grandeur et la beauté de ses yeux.

Impasse Bleue (3ème arrt.)

Dénommée ainsi à cause des cigarières qui dévalaient la rue vêtues d'une blouse bleue à la sortie d'une manufacture de tabacs.

Chemin des Bouillons (15ème arrt.)

Ce nom vient des sources qui formaient le ruisseau des Aygalades de Cars. Cette source d'eau chaude s'est tarie à la suite de la construction de la voie ferrée qui la surplombe.

Rue des Brusques (6ème arrt.)

Lieu où étaient entreposés les "brusques", genêts épineux dont se servaient les calfats pour flamber les coques des navires et détruire les mollusques maritimes et les algues.

Allée du Cagnard (4ème arrt.)

Vient du provençal qui signifie fainéant, paresseux mais aussi pour les marseillais, grand soleil du mois d'août.

Boulevard du Calen (11ème arrt.)

Le calen était une lampe à huile en métal, plus anciennement en terre qui à l'aide d'une mèche servait à l'éclairage avant l'invention de la bougie.

La Canebière (1er arrt.)

Canebière vient du provençal "caneb" qui signifie chanvre. C'est le lieu où l'on entreposait cette matière pour la fabrication des élingues et autres cordages, fabriqués sur place par les cordiers. Le nom est gravé aux angles des rues avec un seul "N" vers 1784. En 1857, sont posées des plaques en porcelaine comportant, l'on ne sait pourquoi, Cannebière avec deux "N". La bonne orthographe n'est rétablie qu'en 1928. Ainsi il n'est pas rare de voir des cartes postales du début du XXème siècle avec le nom "Cannebière" avec 2 "N".

 

Boulevard des Dames (2ème arrt.)

Anciennement Lices de la Joliette, l'appellation actuelle commémore le souvenir de la résistance des Marseillaises en 1524 au cours du siège du Connétable. Elles se portèrent aux brêches des remparts de la ville et supportèrent avec succès le dernier assaut.

Rue des Enfants Abandonnés (2ème Arrt.)

Anciennement rue des Vieux enfants abandonnés. parce qu'il n'était admis que les enfants de 3 à 7 ans. Les plus jeunes étaient mis à l'Oeuvre de la Miséricorde.

Boulevard de l'Erminette (11ème arrt.)

L'erminette ou herminette était une hache servant aux tonneliers du quartier.

Chemin de l'Escapoun (9ème arrt.)

Vient de s'escamper qui signifie en marseillais, s'échapper, partir rapidement.

Allée de l'Espigaou (8ème arrt.)

Nom typiquement marseillais, de espige en provençal, espigo de blé, herbe en forme d'épi dont le pouvoir de reptation amuse les enfants.

Place de l'Esquinade (16ème arrt.)

L'esquinado est une araignée de mer, une sorte de gros crabe violacé et velu.

Plage de l'Estaque (16ème arrt.)

L'estaque ou estacade est un apontement où s'amarrent les bateaux. L'estac est un pieu, sorte de piloti proche du rivage où les pêcheurs attachent leurs embarcations. Ce nom fut mentionné dans un acte notarié de 1294.

Impasse de la Farigoule (7ème arrt.)

La farigoule signifie thym en provence.

Rue de la Fausse-Monnaie (7ème arrt.)

En creusant les fondations du pont, fut trouvé tout un matériel de faux monnayeur.

Passage du Fielas (16ème arrt.)

Fièlas est une anguille de mer, un congre excellent pour la soupe.

Impasse de la Frescoule (8ème arrt.)

La frescoule vient du nom provençal frescou, un lieu où il fait frais.

Traverse de la Fumade (13ème arrt.)

Les fumats ou fumades étaient des sources d'eau chaude.

Impasse de la Galinette (16ème arrt.)

Poisson grisâtre, sillonné de traits rouges utilisé pour la bouillabaisse.

 

 

LA CANNEBIERE AVANT 1928 - deux "N"

LA CANEBIERE APRES 1928 - un seul "N"

Rue du Capelan (14ème arrt.)

Le capelan est un petit poisson de mer. Autrefois à Marseille, le capelan désignait par dérision le mot prêtre.

Places des Capucines ex Place des Fainéants (1er arrt.)

La place des Fainéants était une place où se louaient à la journée des hommes en attente de travail. Le changement de nom fut opéré en 1857.

Impasse du Carroussel (13ème arrt.)

Cette impasse porte ce nom car en 1662, Louis XIV y donna une parade équestre.

Traverse du Casse-Cou (6ème arrt.) ex Impasse Casse-Cul

Voie avec escaliers très en pente dont le nouveau nom a été donné en 1949.

Boulevard Chante-Cigale (12ème arrt.)

Provenant du nom de la propriété lotie en 1926.

Impasse du Chaudron (16ème arrt.)

Doit son nom au chaudron, dans lequel les pêcheurs de l'Estaque venaient teindre leurs filets jusqu'en 1896, date à laquelle le chaudron fut transféré avenue de la Gare.

Rue du Coq (1er arrt.) ex Rue des Lys, ex Rue des Aigles

Cette rue changea plusieurs fois de nom selon les destinées politiques du pays. Elle prit succéssivement le nom des emblèmes de la France.

Traverse Cos Dou Jas (13ème arrt.)

Appellation mentionnée depuis le XVIème siècle. Cette rue conduisait au jas "la bergerie".

Montée des Croquants (7ème arrt.)

Croquant, en langage marseillais : homme de la campagne.

 

 

 

Rue du Gaz-du-Midi (8ème arrt.)

Se trouvait la toute première usine à gaz à hydrogène construite à Marseille avant 1840.

Traverse de Gibbes (3ème et 14ème arrt.)

Nom du ruisseau qui prend sa sourcee en amont, grossi par d'autres petits ruisseaux.

Boulevard de la Glacière (14ème arrt.)

Fin XIXème, la glace récoltée dans les Hautes Alpes était acheminée par train à Marseille. En 1906, on crée des glacières artificielles à la Belle de Mai. Les derniers wagons de glace des Alpes arrivent durant l'été 1928.

Chemin des Mines (11ème arrt.)

Se trouvaient dans le secteur des mines de plâtre et de craie. L'exploitation dura jusqu'en 1950.

Traverse du Moulan (14ème arrt.)

Lou Méloun, au milieu du XVIIIème siècle était le centre de l'ancien village de Sainte-Marthe; Lou Méloun, le melon, le milieu.

Rue des Muettes (2ème arrt.)

En 1699, un rapport fait état de ce nom donné par ironie à cause de quelques femmes très bavardes.

Chemin de la Nerthe (16ème arrt.)

Nerthe ou nerte dériverait du provençal Nerto - myrte, arbuste dont les fleurs donnent une essence aromatique.

Basilique Notre-Dame de la Garde (6ème arrt.)

Montagne connue dès le VIIIème siècle sous le nom de Colla Illide, au Xème de Guardia. En 1214, l'abbé de Saint-Victor autorise un ermite à construire une chappelle. L'église actuelle fut consacrée le 4 juin 1864, d'après les plans de l'architecte Espérandieu.

Boulevard de Notre-Dame Limite (15ème arrt.)

Ex boulevard Notre-Dame de la Douane où se situait la douane, la limite de la commune de la ville.

Boulevard de l'Octroi (10ème arrt.)

L'octroi date de 1800. Au début les anciens remparts formaient la limite de la ville, mais au fur et à mesure que la ville s'agrandissait, les limites de l'octroi étaient repoussées.

Impasse de la Palingrotte (16ème arrt.)

Du provençal palingrot, ligne de fond pour la pêche en mer ne portant qu'un hameçon.

Rue Paradis (1er 6ème et 8ème arrt.)

La mention de ce nom date du 21 avril 904 - Paradisus, où se trouvait un prieuré Saint-Pierre de Paradis. A noter qu'au N°425, se tenait le siège de la Gestapo où de nombreuses personnes furent interrogées, torturées et déportées à partir de 1943.

Avenue des Pebrons (8ème arrt.)

Pébrons, piment, poivron.

Impasse du Pistou (9ème arrt.)

Action de piler dans le mortier les ingrédients : basilic, ail, tomates, pour la soupe qui porte son nom.

Rue des Pistoles (2ème arrt.)

On trouva au fond d'un puits de cette rue des pistoles (ancienne monnaie)

 

Rue du Pèbre-d'Aï

Pèbre d'aï ou pèbre d'ase signifiant sarriette de montagne dont on parfume les fromages de chèvre. Pèbre est le poivre en provençal.

Avenue des Pébrons (8ème arrt.)

Pébron, signifie piment ou poivron en provençal.

Rue de la Pétanque (8ème arrt.)

Ex rue des pétanqueurs en raison de la passion des habitants des Goudes pour ce jeu provençal. Les premières parties de pétanque se jouèrent à La Ciotat en 1907. Le premier concours vit le jour en 1910.

Anse du Pharo (7ème arrt.)

Pharo, orthographié aussi Faro, appelé "tête de More", "Lou Mourré" qui signifie en terme marin "musoir", nom qui est donné aux moles défendant l'entrée des ports.

Montée Pichou (16ème arrt.)

Pichou, fauvette de Provence selon le dictionnaire de Mistral; nom familier qui désigne "le petit".

Place des Pilotes (7ème arrt.)

Ex Rotonde du Tramway. Pilote désigne l'employé des tramways qui aidait le wattman à freiner son véhicule dans les descentes particulièrement difficiles tout au long du trajet de la ligne N°55 très accidentée.

 

Boulevard de Plombières (3ème et 14ème)

Ce nom indique une ancienne mine de plomb, appelation désignée depuis le VIIIème siècle. Au début du XVIIIème, ce quartier se dénommait "Roquetaillade" (Roche taillée).

Avenue du Point D'Interrogation (9ème arrt.)

Du nom de l'avion sur lequel Coste et Bellonte réalisèrent en 1930 la première traversée de l'Atlantique d'Ouest en Est (Paris/New York)

Avenue de la Pointe Rouge (8ème arrt.)

Barre de roches ferrugineuses

Traverse de Pomègues (8ème arrt.)

Pomègues avec Ratonneau forment les îles du Frioul. Pomège, puis Pomègues en 1363 signifie port au milieu des eaux.

Chemin des Poudrières (16ème arrt.)

Prend le nom en 1890 en raison des deux usines d'explosifs, Nobel PRD et la Société Kinsite établies en cet endroit.

Avenue du Prado (6ème et 8ème arrt.)

Ex boulevard du Sud. Le Prado est officiellement inauguré par le Duc d'Orléans en 1839.

 

Place du Quiadou (13ème arrt.)

Déformation du quilado, cri, place où se tenait le crieur du village pour annoncer les nouvelles.

Rue du Rémoulaire (12 éme arrt.)

Nom provençal donné au remouleur, l'aiguiseur de couteaux.

Quai de Rive-Neuve (1er et 7ème arrt.)

Anciennement Quai Calonne, Quai Pelletier, Quai Voltaire, il prend son nom en 1908. A cet emplacement s'est trouvé le bureau des vins étrangers qui assurait la surveillance des vins prohibés à Marseille.

Rue du Tapis-Vert (1er arrt.)

De touttemps très passagère. Au début du XVIIIème, un commerçant installe à ses fenêtres un tapis vertpour attirer la clientèle.

Traverse Va à la Mer (16ème arrt.)

Autrefois conduisait directement à l'anse de Saumaty

Rue Pythéas (1er arrt.)

Pythéas navigateur et astronome marseillais du IVème siècle qui découvrit les colonnes d'Hercule (Gibraltar) et s'avança jusqu'à Thulé, une des îles Shetland.

Recherche réalisée grâce à l'ouvrage de Adrien Blès 

Dictionnaire historique des rues de Marseille

Editions Jeanne Laffitte (1989)